Biographie de Maurice MENDJIZKY

 
Maurice Mendjizky, AUto-portrait, 1930
Auto-portrait, 1930

Maurice Mendjizky est né le 20 juillet 1890 à Lodz en Pologne. Ses parents sont d’origine modeste, son père est ferblantier. Il apprend le dessin dans l’école Katsenelagoïn et rencontre Monsieur Landau, un ami architecte, qui l’aide financièrement à partir étudier à Paris. En 1906, il quitte donc sa patrie natale, il a dix sept ans à peine.

1906 – 1907

Il étudie à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Fernand Cormon, maître notamment de Matisse.

Un peintre ami de Picasso et de Renoir

1911 – 1913

Il part faire son service militaire dans l’armée du Tsar. Il déserte, revient à Paris en 1912, et fait sa première exposition chez Georges Petit. Le catalogue est préfacé par André Salmon. En 1913, il rencontre Renoir, qui l’invite chez lui aux Collettes, à Cagnes-sur-Mer. Enthousiasmé par l’atmosphère et la lumière de la Côte d’Azur, il pousse ses camarades, Modigliani, Soutine à le rejoindre.

1914 – 1918

Cette amitié est temporairement interrompue par la guerre. Blessé, il reste deux longues années cloué sur un lit d’hôpital à Nîmes. Une fois rétabli, il retourne à Paris en 1918. Il y rencontre un ancien élève d’Hector Berlioz, Maguerre, et renoue avec sa passion pour la musique. Maurice Mendjizky se rend à Berlin avec ce dernier, pour étudier la composition. Mais le peintre se rend vite compte qu’il est trop âgé pour percer dans ce milieu.

1919

Il revient à Paris et à la peinture. C’est à cette époque qu’il rencontre la jeune Alice Prin qui deviendra plus tard la sulfureuse Kiki de Montparnasse. Amoureux, ils vivent pendant trois ans au 17 rue de Perceval, près de la rue Vercingétorix, une rue qui a été démolie. La belle doit son surnom à Foujita. Arrivant du Japon et à Paris depuis peu, il a en effet du mal à prononcer le nom de Mendjizky, et lui préfère « Kiki ».

1920

Il séjourne en Belgique, et à Beaucaire dans le Gard.

1921

Le 8 avril, il participe à la première exposition organisée au Café du Parnasse par Auguste Clergé et Serge Romoff aux côtés de 46 autres artistes. Grâce à son ami André Salmon, Maurice Mendjizky expose pour la deuxième fois à la galerie Georges Petit. L’exposition, préfacée par Maximilien Gauthier, a un succès retentissant.

1922

Après trois ans de vie commune, Mendjizky se sépare de Kiki, tombée dans les bras de Man Ray. Très affecté par cette rupture, il retourne dans le midi de la France. La même année, Léon Zamaron, commissaire de police et grand amateur d’art, qui favorisait l’intégration des peintres étrangers à Paris en échange de tableaux, lui signe un contrat de quatre ans, où il s’engage à lui acheter 50% de sa production. Maurice Mendjizky est l’un des premiers à signer un contrat avec lui. Il s’engage initialement à soixante-dix numéros pour mille-deux-cents francs par mois. Zamaron a aussi conclu des contrats avec Zadkine, Mondzain, Marevna, Landau…
Il peint sur le motif à Saint Tropez, à Antibes, à Cagnes-sur-Mer. A Nice, il s’installe au Negresco et réalise une belle galerie de portraits dont celui de l’Aga Khan. Visitant Saint Paul de Vence, il tombe amoureux de ce petit village provençal, loge dans l’auberge « A Robinson », (future Colombe d’Or) et devient un habitué. Il y rencontre Rose Rajbaut, 18 ans, et l’épouse l’année suivante. De cette union naîtront deux fils : Claude né en 1924, et Serge en 1929.

1925 – 1926 – 1930

Expositions particulières à la Galerie Georges Petit.

Maurice Mendjizky, Paysage fauve, 1920
Paysage fauve, 1920
Maurice Mendjizky, Bouquet de fleurs, 1927-1928
Bouquet de fleurs, 1927-1928

1933

Maximilien Gauthier lui organise une exposition à la galerie Kleiman à Paris. A cette période, Maurice Mendjizky est sollicité pour une grande exposition à l’Institut Français de Prague, l’un des plus prestigieux d’Europe, inauguré en 1920 par Ernest Denis. Il fonctionne alors comme une « université française ». Lieu très réputé, Hubert Beuve-Méry y enseignait le droit international et Vladimir Jankélévitch la philosophie. André Breton et Paul Eluard y ont prononcé un discours célébrant « les séductions légendaires de Prague » en 1935. Le Musée d’Art Moderne lui achète son œuvre phare.
Mendjizky séjourne quelques temps en Tchécoslovaquie et rentre définitivement en France.

1934 - 1939 : Un homme engagé pour la Paix

Le peintre vit intensément les évolutions politiques de l’époque. La montée du fascisme en 1933 l’ébranle beaucoup. Avec Signac, Langevin, et Frédéric Joliot-Curie, il fonde le Mouvement des Intellectuels pour la Paix qui rassemble des écrivains, des musiciens, des peintres, Picasso, Prévert, Wiener, Leger, Signac etc.

1937 – 1938

Expositions à la Galerie Kleiman.

Ruelle menant au village, 1937-1938
Ruelle menant au village, 1937-1938
Rose et Serge, Madame et son fils, 1931
Rose et Serge, Madame et son fils, 1931

1937 – 1939

Entre 1937 et 1939, Mendjizky retourne très souvent à Saint-Paul de Vence où il rencontre son ami Léon Weissberg. Ses liens avec Picasso se renforcent. En 1939, la guerre éclate et la famille Mendjizky s’engage dans la lutte contre le régime nazi.

1940

En octobre, sur dénonciation, la Gestapo arrête sa femme Rose à Paris dans l’imprimerie familiale. Maurice doit s’enfuir le jour même avec ses enfants et part se réfugier en zone libre à Nice, chez sa belle-sœur Claudine.

1942

De Nice il organise la Résistance dans les Alpes Maritimes et fonde la 8e Compagnie des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF). Il diffuse dans la région un journal clandestin, les Lettres Françaises.

1944 – 1946

En juillet, huit jours avant la libération, Claude son fils ainé, âgé de vingt ans, résistant dans le Maquis d’Utelle près de Nice, est arrêté au cours d’un parachutage. Affreusement torturé, il est fusillé le 22 juillet à l’Ariane. Effondré, Maurice retourne à Paris en novembre pour retrouver son fils Serge hospitalisé au Val de Grâce pour blessure de guerre et sa femme qui vient d’être libérée par les américains. La mort de Claude et la longue séparation de Rose et de Maurice provoque leur divorce en 1946. Le peintre poursuit sa carrière malgré tout.

1947

Hommage au ghetto de Varsovie, 1950
Hommage au ghetto de Varsovie, 1950

Il expose à la Galerie de l’Elysée, la préface du catalogue est de Jean Bouret.
1947 - 1951 : La tragédie de la guerre lui inspire une série de dessins exceptionnels
Peu réceptif aux sirènes de la gloire, il consacre son énergie à la création de dessins sur le Ghetto de Varsovie où sont morts son père, sa mère et ses deux sœurs. L’assassinat de son fils l’obsède, il lui dédie cette série de dessins. Un premier recueil de 31 dessins est publié pour la première fois par Maurice Mendjizky avec en introduction un poème d’Eluard. Il existe également une version en Yiddish. Picasso, après avoir vu les dessins du Ghetto de Varsovie écrira : « c’est un chef-d’œuvre, c’est une véritable symphonie du noir et blanc ».

1948

Atteint d’un cancer de la langue, il est opéré une première fois.

1951

Mais le cancer se généralise et il succombera le 8 mai après une intervention chirurgicale, jour anniversaire de son fils Claude, il vivait alors à Saint Paul de Vence.