Architecture

 

L'architecture : un immeuble de Mallet-Stevens edifié en 1932. Un exemple pour l'art total

Un atelier construit pour son ami Verrier Barillet

Le Musée Mendjisky-Ecoles de Paris, inauguré à cette occasion, prend ses quartiers dans un ancien atelier d’artiste, la maison du maître verrier Barillet, situé au 15 Square de Vergennes, dans le 15e arrondissement de Paris. Edifié en 1932 par l’architecte Robert Mallet-Stevens, il offre en effet à ses visiteurs quatre niveaux d’exposition. La pièce la plus impressionnante est située au quatrième niveau, inondée de lumière par une grande verrière, elle est également dotée d’une mezzanine.

Barillet et Mallet-Stevens se connaissent bien. Le verrier assiste le célèbre architecte dès 1923 et ce, jusqu'en 1940. Il est notamment présent à l'Exposition des Arts Décoratifs de Paris en 1925, et participe au premier projet construit de Mallet-Stevens, la Villa Noailles à Hyères (1924¬1933).
Le 15 mai 1929, Robert Mallet-Stevens fonde l’Union des Artistes Modernes. Parmi ses membres figurent des grands noms de l’architecture et de la décoration de l’entre-deux guerres. On y retrouve Barillet, Le Corbusier, Prouvé, Chareau, ou Perriand.

Pour ces artistes, la transformation de la société ne peut passer que par un ART TOTAL, par une action qui implique l’ensemble des activités créatrices. (Vitrail, peinture, meuble, tissu, laque, étalage, gravure, architecture, jardin, mosaïque) L’architecte admire le génie de son ami, qui s’est lancé dans l’invention du « vitrail blanc ».

Vitrail de Psyché réalisé par Louis Barillet en 1933
© Vitrail de Psyché réalisé par Louis Barillet en 1933

Un écrin de lumière

Robert Mallet Stevens, Façade, 1932
© Robert Mallet Stevens, Façade, 1932

A l’étroit dans son atelier de la rue Alain Chartier, Barillet souhaite quitter ce lieu exigu et incommode pour un endroit fonctionnel et lumineux. L’immeuble doit accueillir les trois ateliers de travail du maître verrier ainsi que son habitation.

Louis Barillet réalise en effet un important vitrail vertical monochrome marquant l'escalier en façade. Ce dernier décrit les activités de l’atelier. Chacune d’entre elles est symbolisée par une ville emblématique: Chartres pour le vitrail, personnifié par un souffleur de verre, Ravenne, pour la mosaïque, incarnée par l’impératrice Théodora, et Athènes et l’art occidental par la déesse Athéna. Ce long vitrail fait office d’enseigne de cette maison-atelier.

Barillet a aussi intégré à l’intérieur un vitrail avec rehauts de couleur, qui représente l’histoire de Psyché. Enfin, il a conçu des mosaïques pour décorer le sol des paliers à chaque étage, sur le thème de la chasse ou de la nature. Cette maison est donc le fruit d’un programme ornemental unifié, en conformité avec la philosophie d’un ART TOTAL.

Au-delà du parti pris moderniste et fonctionnel, la construction de Robert Mallet-Stevens proclame haut et fort la réussite sociale de son commanditaire, dans un climat de crise économique et de récession. Malgré cette heure de gloire, elle va subir des vicissitudes, et manquer de perdre son éclat.